Vers quelle nourriture devrions-nous nous tourner pour ne plus polluer la planète ? Selon les experts, ce serait la viande d’insecte créée en laboratoire. C’est la conclusion à laquelle est parvenu un groupe de scientifiques qui ont analysé la solution alimentaire pour réduire la pollution, sans devoir renoncer à tous les nutriments dont notre corps a besoin. Viande de criquets, de sauterelles ou de vers? Les scientifiques y fondent leurs espoirs.

Pourquoi manger de la viande pollue-t-elle ?

Les experts pointent du doigt l’élevage de bétail en premier lieu. En fait, selon de nombreuses études, l’élevage est fait partie des principales causes de la dégradation de la terre et de l’eau. Il contribue à la déforestation, aux pluies acides et à la perte de la biodiversité. Le changement climatique – et donc le réchauffement de la planète – en est également la conséquence de l’élevage intensif. La question que les experts se posent est très simple: entre les régimes alimentaires à base de plantes, l’élevage d’insectes, la viande de laboratoire et les animaux génétiquement modifiés, quelle est la meilleure solution pour notre avenir ?

Jusqu’à présent, les chercheurs se sont concentrés sur la création de viande de bœuf et de poulet en laboratoire, à partir des cellules souches de ces animaux. L’objectif est de réduire l’impact de la pollution engendrée par l’agriculture intensive qui, comme nous le savons, rejette d’énormes quantités de méthane dans l’air.

Malheureusement, les bonnes intentions ne se sont pas avérées entièrement fructueuses : la création de viande à partir de porcs, de vaches et de poulets en laboratoire nécessite beaucoup d’énergie et de ressources, plus que celles requises par les exploitations actuelles.

Ces dernières années, les scientifiques de l’université d’Édimbourg avaient déjà trouvé une réponse  à la problématique. La consommation massive d’insectes comestibles pourrait contrebalancer la production de gaz à effet de serre résultant de l’élevage intensif. Selon les scientifiques, si la moitié de la consommation actuelle de viande de bétail était remplacée par la consommation d’insectes ou de viande de laboratoire (imitations de la vraie viande, souvent à base de soja), plus de 1 000 680 millions d’hectares de terres pourraient être libérés pour l’élevage aujourd’hui, soit 70 fois la taille du Royaume-Uni.

La viande d’insecte sera l’avenir ?

Après l’échec d’une première tentative, les scientifiques n’ont pas hésité à refaire les expériences en essayant de fabrique des viande à base d’insectes en laboratoire. Comme ils l’ont expliqué à plusieurs reprises, par rapport aux cultures animales, la viande d’insecte nécessite moins de ressources et moins d’énergie que l’élevage intensif de bétail.

La raison est assez évidente, comme l’explique le Dr Natalie Rubio, l’auteur principal de l’étude, la viande d’insecte « nécessite moins de ressources et moins d’énergie pour un meilleur contrôle environnemental. Les viandes à base d’insectes ne requièrent pas une forte concentration de glucose et peut se développer dans une plus large gamme de conditions de température, de pH, d’oxygène et d’osmolarité ».

Et le goût ? Selon le scientifique, il est impossible de déterminer a priori quel sera le goût de la « viande » d’insecte cultivée en laboratoire, mais le potentiel d’une telle technique reste très important. En bref, la labriculture des insectes pourrait déboucher sur un aliment au goût assez familier et acceptable, mais surtout riche en acides aminés et en protéines.

Sûr, ne nous attendons pas à voir des hamburgers d’insectes sur nos tables dans les années à venir. Le marché n’est pas prêt, nous non plus. Mais les scientifiques y travaillent, et il est bon de le savoir : cette étude, publiée dans la revue « Frontiers in Sustainable Food Systems », en témoigne clairement.