Le développement durable ne cesse d’avoir plus d’importance dans le domaine financier Le secteur financier doit considérer la durabilité comme une opportunité et apporter sa contribution à la réalisation des objectifs climatiques internationaux. Afin d’atteindre les objectifs climatiques internationaux de la Convention de Paris, le secteur financier doit être intégré dans la transformation durable de l’économie. Cela exige de la créativité et du courage de la part des pionniers, mais promet également de très grandes opportunités.

Objectif du développement durable et du secteur financier

Pour la politique climatique internationale, la Convention de Paris sur le changement climatique, qui engage 195 États à modifier l’économie mondiale dans le respect du climat, marque une étape importante. En décembre 2015, il a été décidé de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ou 2 degrés Celsius au maximum par rapport à l’ère préindustrielle. Dans la même mesure, l’Agenda 2030 des Nations unies pour le développement durable, également lancé en 2015, avec ses 17 objectifs de développement durable (SDG), a un effet catalyseur pour une économie mondiale orientée vers des objectifs environnementaux et sociaux.

Les politiciens prennent ces questions très au sérieux. C’est pourquoi des mesures ambitieuses sont également préparées au niveau européen pour associer plus étroitement les institutions financières à une transformation économique durable. L’un des points de départ a été le groupe d’experts de haut niveau sur le financement durable (HLEG) fondé par la Commission européenne à la fin de 2016. Dans son rapport final, le groupe a fait des propositions sur la manière dont le financement peut contribuer à la réalisation d’objectifs climatiques ambitieux. Les recommandations comprennent l’introduction d’une taxonomie de la durabilité, un système de classification des activités économiques durables, la révision des exigences de divulgation et des options d’information plus transparentes pour les investisseurs. En outre, l’accent est mis sur le développement de normes européennes officielles de durabilité (par exemple pour les obligations vertes) et sur un ancrage plus fort des aspects de durabilité dans la gouvernance et la gestion des risques des institutions financières.

Le marché des obligations vertes et sociales enregistre une augmentation du volume d’émission

Dans la transition de l’économie mondiale du « brun » au « vert » (ou au « bleu ») avec pour objectif une économie à faibles émissions et socialement responsable, toutes les industries sont mises au défi. Pour les banques, cela signifie un changement dans la manière dont elles évaluent les opportunités et les risques dans le cadre de la durabilité. Un des mots clés, par exemple, est « stranded assets », c’est-à-dire des prêts et des investissements qui peuvent perdre une valeur importante en raison de risques écologiques, politiques ou réglementaires, comme les industries allemandes du charbon et de l’énergie nucléaire. Il est clair que les changements climatiques ou sociaux peuvent entraîner des risques matériels tant pour les acteurs individuels que pour le marché financier dans son ensemble. Inversement, le secteur financier a un rôle clé à jouer pour éviter les risques climatiques, car c’est là que les flux de capitaux peuvent être canalisés vers un financement durable.

Un exemple est le marché des obligations dites vertes, qui peuvent contribuer à la lutte contre le changement climatique en refinançant des projets écologiques. Alors que des obligations vertes d’un volume de 13 milliards de dollars ont été émises en 2013, le volume d’émission a atteint un nouveau sommet mondial en 2018 avec environ 170 milliards de dollars. En outre, il existe des obligations sociales ou de durabilité, qui permettent de la même manière aux investisseurs d’investir dans des projets durables. Du côté des investisseurs en particulier, l’intérêt pour ces obligations est actuellement en constante augmentation et constitue l’un des segments d’investissement les plus dynamiques du marché obligataire. Ici, l’importance croissante du sujet devient évidente, tout comme les possibilités qui s’offrent.

Un modèle d’entreprise durable

Des besoins d’investissement globaux de 5 à 7 milliards de dollars devraient être nécessaires pour atteindre les objectifs de développement durable 2030. Rien que dans l’UE, on prévoit un besoin d’investissement annuel de 180 milliards d’euros pour la protection du climat. Outre ces nouvelles opportunités commerciales, les régulateurs financiers ont également reconnu le problème. Ici, l’accent est mis principalement sur les risques transitoires sur la voie d’une économie plus durable et conduit inévitablement à la conclusion suivante. Afin de se protéger au mieux contre ces risques, les institutions financières sont appelées à revoir leurs modèles d’entreprise et à adapter leur gestion des risques. Dans le même temps, les institutions financières qui veulent jouer un rôle de pionnier dans la méga-tendance du financement durable doivent acquérir et développer très tôt une expertise dans des domaines tels que les énergies renouvelables, les villes intelligentes et la démographie. Les banques qui reconnaissent ces tendances et les accompagnent de solutions de financement adéquates auront ici un avantage concurrentiel.

La durabilité en tant qu’opportunité

L’intégration et la prise en compte des critères ESG – signifiant environnemental, social, gouvernance – à la fois dans les activités de prêt et de refinancement d’une banque a le potentiel de fournir des rendements à long terme attractifs à faible risque. Les performances économiques et durables ne s’excluent donc pas mutuellement. Au contraire, une banque à une demande croissante des investisseurs et des clients pour des produits durables et à une pression sociale croissante pour opérer de manière durable dans tous les secteurs industriels, de services et financiers.